Déchets municipaux dans le District d’Abidjan en Côte d’Ivoire: sources potentielles de pollution des eaux souterraines

  • Soro N
  • Ouattara L
  • Dongo K
  • et al.
N/ACitations
Citations of this article
20Readers
Mendeley users who have this article in their library.

Abstract

; Tél. (225) 22 48 38 03 RESUME La population de la ville d'Abidjan s'est considérablement accrue ces dernières années. Cette croissance s'est accompagnée d'une forte urbanisation et d'une croissance industrielle non contrôlées. A cela s'ajoute une absence de structure de surveillance efficace et surtout un non respect de la réglementation environnementale. La production importante de déchets domestiques, industriels et hospitaliers qui en résulte, est confrontée à une gestion insuffisante et à des problèmes d'infrastructures et de difficultés économiques. Les quantités de déchets générés en 2002, par la ville sont estimées à 1 225 688,97 tonnes (soit 0,98 kg/ha/jour) contre 193 186 m 3 /j de volume d'eaux usées domestiques. Le réseau d'assainissement présente un faible taux de couverture de la population (29%) en raison du dysfonctionnement de la quasi-totalité des ouvrages existant. Cette situation entraîne un rejet journalier dans la nature, hors des systèmes d'égout, de plus de 115 912 m 3 soit 60% des eaux usées avec une charge polluante correspondante estimée à plus de 56 113 kg de DBO 5. A cela s'ajoute l'accumulation, chaque année, de près de 550 000 tonnes de déchets ménagers non ramassés et dont les corollaires sont l'engorgement permanent de toutes les communes d'une quantité importante de déchets ménagers et partant des difficultés d'écoulement des eaux usées et pluviales. Mais plus particulièrement, ce sont les communes de Yopougon, Adjamé, Port-Bouët, Cocody et Koumassi où les taux de ramassage des ordures ménagères sont généralement inférieurs à 50% de la production locale qui sont les plus touchées. Cette situation a des répercussions sur la qualité des eaux de surface mais aussi celles souterraines dont la protection est de plus en plus menacée par une urbanisation anarchique et par des pompages excessifs aux fins de répondre aux besoins sans cesse croissants de la population. L'évaluation de l'état de pollution de la nappe d'Abidjan a été menée à partir des données de forages des nombreux champs de captage de la ville, sur la période allant de 1995 à 2001. Ceci a permis de relever des teneurs anormalement élevées (au dessus de la norme OMS) en composés azotés (N0 3 , N0 2 , NH 4), phosphatés (PO 4) et en élément métallique (Al). Par ailleurs, les analyses chimiques des eaux souterraines de l'année 2000 issues de 56 forages ont fait l'objet d'une étude statistique. L'utilisation des techniques de cartographie et de l'analyse en composantes principales (ACP) s'est avérée nécessaire dans l'identification de l'origine de cette pollution. Elle serait due, entre autres, aux apports superficiels issus de la décomposition de la matière organique fermentescible mais également aux eaux putrides provenant de la surface du sol et entraînant avec elles des polluants vers la nappe. Cette contamination progressive de la nappe se fait du Sud vers le Nord en direction des nouveaux pôles d'habitation et des nouvelles zones industrielles. INTRODUCTION Dans la plupart des pays en développement (PED) on assiste à un exode massif des populations rurales, vers les grandes villes, en quête d'un meilleur avenir. Ces populations, bien évidemment, viennent s'installer à la périphérie des villes ou dans des quartiers dits précaires difficilement accessibles puisque situés sur des sites à haut risque et interdits de construction. L'accroissement des populations urbaines, l'installation de nombreuses unités industrielles et la naissance d'une agriculture périurbaine ont pour conséquence la production d'une quantité importante de déchets (solides ou liquides) qui sont mal gérés. Cette situation est amplifiée, dans de nombreux cas, par l'absence d'infrastructures adaptées liées à une urbanisation anarchique et mal contrôlée. Ainsi l'un des problèmes majeurs auxquels les responsables communaux des grandes villes africaines doivent constamment faire face est celui de la gestion durable de ces déchets urbains et l'accès, pour les populations, à un système d'assainissement adéquat. La ville d'Abidjan, une des plus importantes métropoles d'Afrique de l'Ouest, dont la population a triplé en l'espace de deux décennies (INS, 1998) vit au quotidien cette réalité. En effet, la collecte des eaux usées est insuffisante car l'assainissement n'a pas suivi l'extension de la ville et la croissance démographique. Le système d'assainissement présente un faible taux de raccordement aux ménages (29%) et des dysfonctionnements dus à la dégradation de la quasi-totalité des ouvrages (stations et canalisations) prévalents. Cette situation entraîne le rejet d'importantes quantités d'eaux usées hors des systèmes d'égout. Par ailleurs, le taux de collecte des ordures ménagères est estimé à 55% de la production totale estimée à plus d'un million de tonnes (BNETD, 2000). Les déchets non collectés, en grande partie putrescibles se retrouvent dans les ravins, les bas-fonds, les baies lagunaires, les canalisations d'eaux

Cite

CITATION STYLE

APA

Soro, N., Ouattara, L., Dongo, K., Kouadio, E., Ahoussi, E., Soro, G., … Biemi, J. (2011). Déchets municipaux dans le District d’Abidjan en Côte d’Ivoire: sources potentielles de pollution des eaux souterraines. International Journal of Biological and Chemical Sciences, 4(6). https://doi.org/10.4314/ijbcs.v4i6.64952

Register to see more suggestions

Mendeley helps you to discover research relevant for your work.

Already have an account?

Save time finding and organizing research with Mendeley

Sign up for free