Abstract
Cette nouvelle approche géologique du site du Pech-de-l’Azé II a permis de mettre en évidence sept phases évolutives principales. La première date d’une période indéterminée de la fin du Tertiaire ou du début du Quaternaire. Au cours de la deuxième, se mettent en place des sables fluviatiles endokarstiques ; leur âge est également incertain. La troisième phase, dominée par le ruissellement associé à une éboulisation modée et un gélisol peu profond, a été rapportée à la première partie du stade isotopique de l’oxygène 6 (OIS 6). Lors de la quatrième, en liaison avec une intensification du froid, l’éboulisation devient prédominante et un gélisol profond se développe dans les dépôts sous-jacents ; cet épisode a été attribué à la partie supérieure de l’OIS 6. Ensuite, lors de la phase 5 corrélée avec l’OIS 5, le ruissellement devient à nouveau prépondérant. Enfin, les phases 6 et 7 correspondent, pour l’essentiel, à une évolution diagénétique des dépôts antérieurs avec formation d’un gélisol profond (OSI 4 ou/et 2) puis, développement d’une importante bioturbation et de phénomènes de carbonatation (OIS 1).Le ruissellement, potentiellement très perturbateur vis-à-vis des documents archéologiques, joue un rôle majeur dans la mise en place des unités sédimentaires 2 et 4 qui contiennent les niveaux acheuléens (niveaux 6 à 9) et moustériens (niveaux 2 à 4). Ceci explique probablement en partie l’incohérence apparente des dates ESR obtenues. Ce constat incite également à être relativement circonspect vis-à-vis de l’intégrité et de la pertinence des niveaux archéologiques définis dans ce site.
Cite
CITATION STYLE
Texier, J.-P. (2020). Nouvelle lecture géologique du site paléolithique du Pech-de-l’Azé II (Dordogne, France). Paléo, 18, 217–236. https://doi.org/10.4000/paleo.339
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