Abstract
Nous sommes tous des traducteurs: auteurs, traducteurs ou lec-teurs, que nous écrivions ou lisions dans notre langue maternelle ou dans une langue apprise. L'auteur traduit sa pensée pour la faire comprendre à un public donné; le traducteur, en quelque langue que ce soit, pour son public à un moment donné de l'histoire; le lecteur pour comprendre ce qu'il lit en le traduisant, c'est-à-dire en le transposant dans son propre monde mental, qu'il ait dix ans ou cinquante ans, qu'il sache à peine lire ou qu'il soit un spécialiste de la question dont traite le livre qu'il est en train de lire et qu'il n'a pas écrit lui-même. On voit à quel point est vraie et combien doit être nuancée l'expression italienne: traduttore traditore. Toute écriture et toute lecture étant traduction, toute écriture et toute lecture est trahison. Pour comprendre, il ne suffit pas de traquer la trahison pour retrouver le vrai, car il n'y a pas une écriture, une lecture qui serait vraie en soi. Pour comprendre, il faut expliquer pourquoi il paraît y avoir trahison, autrement dit, traduire la trahison de manière à la justifier. Le cas de Charles S. Peirce est exemplaire à cet égard, en tant qu'auteur d'abord: pourquoi change-t-il si souvent de terminolo-gie, lui qui s'est institué théoricien de l'éthique terminologique, et gardien vigilant, sa vie durant, de la morale terminologique? Le 15
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Deledalle, G. (2012). Traduire Charles S. Peirce. Le signe : le concept et son usage. TTR : Traduction, Terminologie, Rédaction, 3(1), 15. https://doi.org/10.7202/037056ar
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