Mémoires et histoire scolaire en France : quelques interrogations didactiques

  • Tutiaux-Guillon N
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Abstract

Le rapport qu’entretiennent histoire et mémoire à l’école est complexe et ambigu. Jusqu’aux années quatre-vingt-dix, il a surtout été posé comme la relation, légitimée ou dénoncée, entre savoirs historiques, histoire scolaire et mémoire nationale. Dès les années soixante, le débat prend en compte le rapport entre le récit national et des histoires régionalistes qui revendiquent une place dans la culture scolaire, au nom des identités et du droit au passé. Cette dernière acception prévaut largement à l’heure actuelle mais cette fois au nom des minorités dépossédées de leur histoire, dès lors qu’elle n’a pas d’expression publique. Dans ces débats, la mémoire serait la forme d’une histoire parallèle, occultée et clandestine ; de leur côté les historiens tendent à distinguer histoire et mémoire. L’histoire scolaire, elle, admet l’histoire mais non les mémoires comme savoir de référence légitime ; pourtant les commémorations et le « devoir de mémoire » s’y invitent de plus en plus fréquemment. De telles évolutions interrogent les composantes de la discipline scolaire : au premier chef les finalités et les contenus mais aussi les pratiques, inégalement connues dans ce domaine et, finalement, les apprentissages souvent plus espérés qu’avérés.The connection that exists at school between history and memory is complicated and ambiguous; it is source of debate and demands which recently intensified with public and political uses. School history accepts history but not memories as good legitimate reference. And yet commemoration ceremonies and the “duty to remember” are more and more in the schools. Such changes question the elements of that school subject : its purpose of building identity and citizenship, its contents and their changes, its teaching practices, not really evenly known in this field, and finally the learning that is more often wished for than actually delivered.La relación que mantienen historia y memoria en la Escuela es compleja y ambigua ; alimenta debates y reivindicaciones que recientemente han sido avivados por los usos públicos y políticos de la historia y de la memoria. La historia escolar admite la historia pero no las memorias como saber de referencia legítimo ; sin embargo las conmemoraciones y el “deber de memoria” se invitan cada vez más frecuentemente. Tales evoluciones interrogan los componentes de la asignatura escolar : las finalidades identitarias y cívicas, los contenidos y sus renovaciones, las prácticas, desigualmente conocidas en este campo, y finalmente los aprendizajes a menudo más esperados que comprobados.Das Verhältnis zwischen Geschichte und Gedächtnis in der Schule ist komplex und mehrdeutig. Es gibt den Anlass zu Debatten und Forderungen, die die öffentlichen und politischen Anwendungen des Gedächtnisses und der Geschichte neulich haben aufleben lassen. Die Schulgeschichte duldet die Geschichte aber nicht die Erinnerungen als Maßstab gebendes Wissen, während Gedenkfeier und “Erinnerungsgebot” (Aufarbeitung der Vergangenheit) immer öfter daran teilhaben. Eine solche Entwicklung stellt die Komponenten des Schulfachs Geschichte in Frage : über seine Zwecke, was die Identitätsfrage und den Bürgersinn betrifft, über den Inhalt und seine Veränderungen, über Praktiken, die in diesem Gebiet oft ungenügend bekannt sind, und schließlich über das tatsächliche Erlernen, das oft eher erhofft als erwiesen ist.

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Tutiaux-Guillon, N. (2013). Mémoires et histoire scolaire en France : quelques interrogations didactiques. Revue Française de Pédagogie, 165, 31–42. https://doi.org/10.4000/rfp.1058

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