Abstract
L’apparition d’un îlot de chaleur urbain (ICU) est la manifestation climatique la plus concrète de la présence de l’agglomération parisienne, avec un excédent moyen supérieur à 3°C pour les valeurs nocturnes, disparaissant presque totalement dans la journée. L’analyse des températures minimales est de ce fait en grande partie représentative de l’ICU. Son intensité est plus marquée en été (3,4°C) qu’en hiver (2,5°C) mais, au-delà des moyennes, elle varie beaucoup d’un jour à l’autre : selon les types de temps, les écarts ville/campagne peuvent passer de 0 à plus de 10°C. La densité actuelle du réseau de mesures (55 postes sur 10.000 km²) précise les caractéristiques de forme et d’étendue de cette anomalie thermique. Une analyse statistique souligne l’influence essentielle de la nébulosité et du vent sur la formation de l’ICU, les autres paramètres atmosphériques apportant une information en grande partie redondante et donc non discriminante. L’association de ces deux composantes permet alors d’identifier un type de temps préférentiel (clair et calme) et de proposer une approche de climatologie dynamique nécessaire à la modélisation et à la prévision du phénomène. Les périodes anticycloniques et de circulations lentes semblent logiquement les plus propices à la formation d’un ICU marqué, mais pas uniquement. Pour expliquer des cas « non-conformes », les relations entre situation synoptique, types de circulation, types de temps et ICU sont précisées ici. Les radiosondages ont permis de mieux appréhender les mécanismes de formation de l’ICU grâce à la mise en évidence notamment de combinaisons atmosphériques génératrices de couvertures nuageuses ou d’éclaircies.
Cite
CITATION STYLE
Cantat, O. (2004). L’îlot de chaleur urbain parisien selon les types de temps. Norois, (191), 75–102. https://doi.org/10.4000/norois.1373
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