Abstract
Lafontaine, L. et G. Messier (2007). « Les représentations de l’enseignement et de l’évaluation de l’oral chez des enseignants et des élèves du secondaire en français langue d’enseignement », Revue du Nouvel-Ontario, article soumis en mai 2008. Problématique (p.2-5) L’enseignement et l’évaluation de l’oral représentent deux réalités complexes pour les enseignants. Lorsque vient le moment de faire face à l’une ou à l’autre de ces situations, certains se sentent plutôt démunis. C’est pour cette raison que bien souvent, les enseignants préfèrent se fier à leur intuition, à ce qu’ils ont vécu lorsqu’ils étaient eux-mêmes élèves et aux manuels didactiques mis à leur disposition. Toutefois, ces outils pédagogiques ne contiennent pas que des éléments pertinents. La plupart du temps, ils négligent la démarche d’enseignement en élaborant une liste de consignes. En milieu linguistique minoritaire, les maîtres associent l’enseignement de la langue orale à l’hypercorrection, ce qui crée un rapport négatif envers la langue. De plus, les élèves appartenant à ce milieu doivent développer et apprendre, à travers nombre de littératies, leur identité francophone tout en faisant preuve d’ouverture envers les autres cultures. Même si les enseignants consacrent plus de temps au français oral, il reste que le manque de ressources nuit considérablement à l’enseignement et à l’apprentissage de cette discipline. Également, quelques enseignants ne semblent pas considérer l’oral en tant qu’objet d’enseignement, alors que d’autres ne perçoivent pas le lien unissant la maîtrise des compétences orales et la réussite en littératie. Objectifs de la recherche (p.5-6) Cette recherche comporte trois objectifs principaux : l’identification des pratiques d’enseignement et d’évaluation de l’oral chez les enseignants de secondaire de l’Outaouais québécois et chez les élèves habitant cette région, puis, la comparaison des perceptions des sujets participants quant à l’enseignement donné et reçu. Cadre théorique (p.6-7) L’oral en tant qu’objet et médium d’enseignement est l’assise théorique de cette étude. Quelques enseignants se servent de l’oral pour enseigner d’autres volets du français (médium d’enseignement), alors que d’autres le considèrent comme un objet d’enseignement en mettant en pratique certains modèles didactiques comme ceux de Dolz et Schneuwly (1998) et de Lafontaine (2001, 2007). Méthodologie (p.8-10) Cette recherche propose une méthodologie mixte : qualitative et quantitative. L’échantillon se compose de 14 enseignants et de 964 élèves de la 2ème à la 5ème secondaire de l’Outaouais québécois. Quatre des écoles participantes sont situées en ville et un seul établissement scolaire se retrouve en milieu semi-rural, ce qui permet de rendre compte de la réalité scolaire québécoise. En ce qui touche les outils de collecte de données, le questionnaire d’enquête et l’entrevue semi-dirigée sont les deux instruments retenus. Tous les sujets ont répondu au questionnaire et pour l’entrevue, cinq enseignants et 14 jeunes ont été questionnés. Interprétation des résultats (p.10-22) La présentation des résultats tient compte de quatre composantes : les pratiques didactiques et enseignantes, les apprentissages et le milieu. Pour commencer, l’exposé oral semble l’activité de production la plus soulevée en classe. La discussion et l’échange en grand groupe sont deux autres activités réalisées. Malgré que les activités portant sur la compréhension orale soient très peu nombreuses en classe de français au secondaire, il reste que le visionnage de film ou de documentaire est parfois pratiqué. Cela peut s’expliquer par un manque de connaissances et de ressources. En moyenne, les enseignants consacrent cinq activités et plus par année à des activités relevant de la production orale. La plupart du temps, la communication orale renvoie à la formulation de consignes. Aussi, il arrive que les enseignants recourent à deux autres stratégies : l’observation de discours oraux ainsi que le modelage. Il importe de s’assurer que les élèves mettent en place des stratégies efficaces qui leur permettent de développer leurs compétences à communiquer oralement et donc, de recourir à un type d’enseignement de l’oral qui vise ce qui vient d’être mentionné. De même, les enseignants confient l’importance de bien s’exprimer devant les élèves afin de les encourager à faire de même. Plusieurs enseignants aimeraient bénéficier d’un peu plus de temps pour organiser des activités formatives qui auraient pour but d’améliorer la communication orale chez les jeunes. De plus, ils sont conscients de la lacune des manuels didactiques avec lesquels ils enseignent l’oral aux élèves. C’est pour cette raison qu’ils confectionnent souvent eux-mêmes leurs propres repères d’enseignement. Par ailleurs, la grille d’évaluation suivie d’une rétroaction verbale ou écrite s’avère l’outil d’évaluation le plus populaire pour évaluer la communication orale. Discussion des résultats (p.22-24) Les chercheurs constatent à quel point la communication orale est une composante méconnue de l’enseignement du français au secondaire. Il serait approprié que les enseignants reçoivent une formation sur les méthodes pédagogiques à utiliser afin de repousser tout sentiment d’incompétence face à l’enseignement de l’oral. Puis, les enseignants devraient avoir à leur portée des extraits de situations authentiques dans lesquelles des jeunes s’expriment naturellement et convenablement. En fait, l’école se doit de posséder davantage de matériel didactique audio afin de développer encore plus les compétences en littératie chez les élèves.
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Lafontaine, L., & Messier, G. (2012). Représentations de l’enseignement et de l’évaluation de l’oral chez des enseignants et des élèves du secondaire en français langue d’enseignement. Revue Du Nouvel-Ontario, (34), 119. https://doi.org/10.7202/038722ar
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