Abstract
O n peut être surpris de constater que le nombre des grossesses non voulues et donnant lieu à une IVG ne diminue guère en France depuis vingt ans, alors que l'usage des méthodes contraceptives modernes, dont l'efficacité est a priori élevée, s'est largement répandu. Nous rappellerons d'abord les conditions de cette diffu-sion avant de chercher à voir si elle s'est faite de la même façon dans les différents groupes sociaux. Par ailleurs, nous tenterons de déterminer si des femmes demeurent à l'écart de toute contraception alors qu'elles ne souhaitent pas être enceintes. Seules les femmes susceptibles d'être enceintes sans l'avoir souhaité seront prises en compte : sont donc ex-clues les femmes stériles ou stérilisées, enceintes ou cherchant à l'être, et les femmes sans partenaire sexuel ; ces diverses catégories sont d'ailleurs stables dans le temps et représentent au total entre 25 % et 30 % des femmes âgées de 20 à 44 ans (encadré page 4). La pilule se diffuse encore La pilule était déjà en 1978 la méthode la plus utilisée et elle continue à se diffuser, passant de 40 % à 60 % de l'ensemble des utilisatrices en 22 ans (figure 1). Le re-cours au stérilet a aussi progressé dans la première dé-cennie, et s'est stabilisé ensuite vers 23 %. Les autres méthodes réversibles (préservatifs, retrait, abstinence périodique, produits spermicides, etc.) ont donc reculé, de 43 % à 16 %, le préservatif représentant aujourd'hui à lui seul près des deux tiers de ce groupe, alors que * Unité mixte de recherche Inserm-Ined (U569). Cet article est dédié à la mémoire de Catherine de Guibert-Lantoine, qui avait été associée dès l'origine au projet Cocon.
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Leridon, H., Oustry, P., Bajos, N., & l’équipe Cocon. (2002). La médicalisation croissante de la contraception en France. Population & Sociétés, N° 381(7), 1–4. https://doi.org/10.3917/popsoc.381.0001
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