Abstract
Après avoir rappelé qu'il n'y a pas de communication politique, sans espace public, je reprendrai la distinction établie dans les travaux antérieurs entre la communication politique élargie et la communication politique au sens strict. J'examinerai ensuite la contradiction suivante : aujourd'hui, tout phénomène important de société peut faire l'objet d'un discours public, et d'un affrontement de discours. Tout est « publicise », voire polititisable. La question est la suivante : jusqu'où l'espace public peut-il s'étendre ? Reste-t-il une sphère « privée » ou non publique ? Jusqu'où la politisation croissante de tous les phénomènes de sociétés est-elle possible ? Cet acquis démocratique pose la question de la limite d'un certain processus de rationalisation et par là-même celui de l'unidimensionnalisation. La communication politique généralisée ne conduit-elle pas ainsi à une réduction de l'hétérogénéité des langages et des valeurs politiques ? La conséquence serait le surgissement de thèmes et de conflits hors de la communication politique légale. Le surgissement d'une politique « sauvage », par trop grand raffinement d'un jeu démocratique.
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Wolton, D. (1995). Les contradictions de la communication politique. Hermès, n° 17-18(3), 107. https://doi.org/10.4267/2042/15211
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