Abstract
In an article in The Atlantic, Alyssa Rosenberg compares HBO series Game of Thrones to True Blood in an attempt to pinpoint the ways in which the first succeeds where the older series fails. In the end, the author determines that it all comes down to fidelity: Alan Ball’s show has added to the cast and the themes without building a convincing world for them to people, while Game of Thrones has remained true to the George R.R. Martin novel from which it draws its name, streamlining and adding to the characterization, rather than the character list. Of course the fact that fidelity is the core issue argued here is ironic for several reasons: not only is it at odds with everything that adaptation theory has argued for decades, but historically filmmakers originally turned to less “high literature” source texts in order to avoid the necessity to be faithful to a text made sacred by the canon, thus spawning some of the more successful if less faithful noir films. Beyond this, Ball himself has argued against fidelity, insisting that as the novel is in the first person, he has to tell everyone’s story, and that he wants readers of the original Charlaine Harris novels to be surprised. As such, I would like to examine the way that each approaches this specific issue of echoes of the source text in the finished product. Ultimately, I will argue that True Blood seeks to increase the echo, by creating a constant distance not only from its source text but also from its characters and the events its recounts. After all, True Blood recounts a world much like our own, that just so happens to be populated by supernatural creatures – by creating various defamiliarizing elements (including invented episodes, but also comic or outrageous effects to distance the viewer from the characters’ emotions), the show creators force us to pull back from the story and consider its implications. Game of Thrones, on the contrary, wants to pull the reader in, minimizing this “echo”: when creating a world more typical of the fantasy genre, with religions, languages, and political hierarchies that are familiar to the characters but not the viewer, a distancing effect would be disastrous to the suspension of disbelief necessary to enter these new worlds.I will also argue that the “source text” is not singular in either case – the two series adapt not just a novel or series of novels, but a tradition. True Blood cannot be studied separately from the long tradition of vampire texts equating vampirism with sexuality, and certainly is set up in echo (and contrast) to the more recent phenomenon of teenage vampire romances, where the “messy” aspects of sex (and its inevitable moral and political ramifications) become manifest in the death and gore characteristic of the series. Likewise, Game of Thrones clearly harkens back to that founding text of the fantasy genre, The Lord of the Rings (as well as its film adaptation), and replaces Tolkien’s nostalgia with a voluntarily “gritty” realism, where rape, murder, corruption and general injustice makes it an echo of our own imperfect society. As such, we can argue that though the two series take very different approaches to the idea of fidelity, their end goal seems to be similar: they seek to heighten the viewer’s awareness of the political ramifications of these fantasy worlds, and so acknowledge the echoes to be found in the world outside the television screen.Dans un article paru dans The Atlantic, Alyssa Rosenberg compare la série Game of Thrones (HBO) à True Blood dans une tentative d’identifier les manières dont la première réussit tandis que l’autre échoue. Enfin, l’auteure détermine qu’il s’agit d’une question de fidélité : la série d’Alan Ball rajoute des personnages et des thématiques, sans pour autant leur construire un univers convaincant à peupler, alors que Game of Thrones demeure fidèle au roman de George R.R. Martin dont il tire son titre, tout en rationalisant le récit et en enrichissant la représentation des personnages, plutôt qu’en en augmentant la liste. Bien entendu, le fait que la fidélité soit l’enjeu principal de ce raisonnement paraît bien ironique, et pour plusieurs raisons : il est non seulement en contradiction avec tout ce que la théorie de l’adaptation maintient depuis des décennies, mais aussi, sur le plan historique, avec le fait que les réalisateurs ont à l’origine privilégié des textes-source provenant d’une littérature moins « haute » dans le dessein d’éviter la nécessité d’être fidèle à un texte consacré par le canon, ainsi engendrant certains des films noirs les plus réussis, à défaut d’être fidèles. En outre, Ball a lui-même avancé des arguments contre la fidélité, en insistant qu’il lui revenait de raconter l’histoire de tous les personnages, étant donné que le roman est écrit à la première personne, et qu’il voulait que les lecteurs des romans originaux de Charlaine Harris soient surpris. Ainsi, je voudrais étudier la façon dont chacun des réalisateurs aborde cette problématique spécifique des échos du texte-source dans le produit fini. En fin de compte, je souhaite soutenir que True Blood cherche à augmenter cet écho, en créant une distance constante non seulement avec son texte-source mais aussi avec ses personnages et les événements que la série raconte. Enfin, True Blood dépeint un monde très similaire au nôtre, qui se trouve, par la même occasion, peuplé d’êtres fantastiques — en produisant de divers effets de dépaysement (dont des épisodes inventés, mais aussi des effets comiques ou scandaleux mis en place afin de créer une distance entre le spectateur et les émotions des personnages), les concepteurs de la série nous forcent à nous prendre du recul par rapport au récit et à réfléchir à ses implications. En revanche, Game of Thrones veut attirer le lecteur, en réduisant cet écho au maximum : lors de la création d’un univers plus typique du genre fantastique, avec des religions, des langues, et des hiérarchies politiques qui sont familières aux personnages mais inconnues des spectateurs, un effet de dépaysement serait désastreux à la suspension d’incrédulité nécessaire pour entrer dans ces mondes nouveaux. Je soutiendrai aussi que le « texte-source » n’est pas unique dans les deux cas — les deux séries adaptent non seulement un roman ou une série de romans, mais une tradition. Il est impossible d’isoler True Blood de la longue tradition des textes sur les vampires, qui relie le vampirisme à la sexualité, et du phénomène récent des romances de vampires pour adolescents, où les aspects « chaotiques » du sexe (et ses conséquences morales et politiques inévitables) se manifestent par la mort et le sang qui caractérisent la série. De même, Game of Thrones rappelle clairement un texte fondateur du genre fantastique, Le Seigneur des anneaux (ainsi que son adaptation cinématographique), et remplace la nostalgie éprouvée pour l’univers de Tolkien par un réalisme « cru », où le viol, le meurtre, la corruption et l’injustice générale font de la série un écho de notre propre société imparfaite. Alors, nous pouvons soutenir que si les deux séries abordent la notion de la fidélité de deux manières très différentes, leurs buts paraissent similaires : elles cherchent à rendre les spectateurs plus conscients des implications politiques de ces mondes fantastiques, afin de reconnaître les échos de celles-ci dans le monde en-dehors de l’écran.
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Wells-Lassagne, S. (2015). High Fidelity: Adapting Fantasy to the Small Screen. TV/Series, 6. https://doi.org/10.4000/tvseries.343
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