Abstract
Résumé L’article présente une analyse sexuée de l’évolution de la relation de réciprocité qui lie les personnes bénéficiant de l’aide sociale et l’État. La contrepartie exigée en retour de la solidarité nationale n’est pas de même nature selon le sexe de l’allocataire ni selon son statut familial, ce qui constitue une forme de discrimination. Alors que pour les femmes, elle a longtemps reposé sur leur rôle de « mère avant tout », pour les hommes elle se fonde sur leur rôle de « pourvoyeur de ressources ». Le passage du Revenu minimum d’insertion et de l’Allocation de parent isolé au Revenu de solidarité active en 2009 a impliqué un renforcement des obligations d’insertion dans l’emploi pour les allocataires. Le modèle familial traditionnel en sort néanmoins renforcé, car le resserrement de la contrainte ne concerne pas les femmes avec enfants vivant en couple ; leur rôle de femmes au foyer les dispense d’une recherche d’emploi à tout prix. Mais lorsqu’elles se séparent de leur conjoint, elles redeviennent alors une cible clé des politiques d’activation.
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Périvier, H. (2010). La logique sexuée de la réciprocité dans l’assistance. Revue de l’OFCE, n° 114(3), 237–263. https://doi.org/10.3917/reof.114.0237
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